Elles sont devenues Georgette

Alexiane Bernede – « …  ce qui me tient à cœur de combattre c’est le sexisme ordinaire qui est véhiculé par les stéréotypes et clichés sur les femmes. C’est ce sexisme ordinaire qui est la base du marketing genré et qui alimente également la culture du viol et le harcèlement de rue. Suite à cette réflexion j’ai voulu m’investir pour que les choses changent. L’arrivée de Georgette Sand à Bordeaux m’a décidée et j’ai franchi le pas pour intégrer un collectif dans lequel je me reconnais.

 

Gaëlle Couraud – (…) Je pourrais dire que ce qui m’a poussée à m’engager pour l’égalité femme/homme, c’est d’avoir été confrontée, comme beaucoup trop de jeunes femmes, à un professeur d’université qui trouvait normal d’essayer de m’embrasser et de me faire des avances alors qu’il était mon directeur de mémoire de Master… Moi j’ai eu de la chance, je n’étais pas seule, j’ai sauvé ma peau, mais j’ai réalisé à ce moment-là que le système est construit pour que les femmes les plus isolées, les plus fragiles dans l’échelle sociale, s’écrasent, se taisent, acceptent…  J’ai 23 ans, la colère monte mais je me sens encore impuissante face à cela. (…)

La création de Georgette Sand, c’est pour moi l’expression de cette conviction que les petites filles ne doivent plus perdre ce regard déterminé, confiant, puissant. Et que les femmes d’aujourd’hui doivent le retrouver. Tout deviendra alors possible. »

 

 

Flavie Dony – On m’a dit : « en 2017, ça ne sert plus à rien d’être féministe !!!!!! » Alors pourquoi je ressens fortement l’envie d’être féministe aujourd’hui ? (…)

Je dessine aussi. Mon personnage récurent est une femme nue. Au début je ne me rendais compte de l’impacte de la nudité sur le spectateur. Pour moi, cette nudité représente la femme sauvage, sans fard, vulnérable, vraie…

 

Emma Lamothe – 

« Tu devrais être flattée », c’est ce qu’on  m’a souvent dit après avoir été apostrophée sur l’espace public. Alors j’essayais. Mais ces réflexions plus ou moins grossières ne m’étaient pas destinées, à moi en tant qu’être pensant, sensible, mais à l’enveloppe charnelle se dessinant comme un corps féminin.(…) N ’ayons pas peur des mots même si l’on nous hurlera encore qu’on exagère! Alors non, je ne suis pas flattée. Et cela me pousse à vouloir soutenir mes soeurs de la gente féminine, que nos voix portent pour pouvoir faire changer les choses. Je ne suis qu’une goutte dans tous les océans réunis, mais la joie, l’enthousiasme et la force de Georgette Sand me donnent envie de faire partie de ce mouvement. (…)

Mickaël Pouhaer. L’égalité femme/homme est selon moi le remède à de nombreuses problématiques sociétales.

Même protégé par ma famille, en tant qu’homme j’ai grandi dans un environnement qui directement ou insidieusement perpétuait une tradition sexiste. A l’école, au collège, au lycée, chez des amis, j’étais confronté à l’infériorisation ordinaire ou non des femmes. Parallèlement, les injonctions de modèle de virilité masculine renforçaient cet état de fait. Il ne fallait pas être trop intellectuel ou rêveur mais sportif ou populaire, il fallait avoir tel physique ou tel physique au risque d’être comparé à … une femme ou pire un homosexuel (sic)…

 

Marion Savina. (…) Le féminisme d’aujourd’hui est un combat bien différent de celui de nos grand-mères. Grâce à elles, la loi a évolué et ne fait plus de distinction entre hommes et femmes. Il nous reste à changer les mentalités, à déconstruire petit à petit les stéréotypes liés à des décennies de patriarcat qui nous, hommes et femmes, enferment dans des rôles qui ne nous conviennent pas toujours. Beaucoup ne saisissent pas vraiment à quel point le féminisme d’aujourd’hui est nécessaire, et c’est pour cela que c’est si important pour moi d’agir pour expliquer, faire (re)connaître les inégalités qui persistent, et les combattre.