Rapport sur la taxe rose au Parlement

Paris, vendredi 18 décembre 2015. Pascale Boistard, Secrétaire d’État chargée des Droits des femmes et Martine Pinville, Secrétaire d’État chargée de la Consommation ont remis l’étude commandée dans le cadre de la loi sur la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques du 6 août 2015 (dite “loi Macron”) au Parlement dans les temps. Pour Georgette, la taxe rose existe même si elle n’est pas systématique.

L’étude sur “les différences de prix de certains produits et services selon le genre”, co-réalisée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, et par le Secrétariat d’État aux droits des femmes, est un premier pas fondamental dans la lutte contre la taxe rose et les conséquences du marketing genré. Dans le sillage de la campagne menée par Georgette Sand depuis octobre 2014 et une pétition rassemblant près de 50 000 signataires : www.change.org/womantax, cette étude propose une photographie, prise à un instant T et sur un champ limité (3 types de produits et 3 types de services), des prix pratiqués sur des produits ou services identiques ou similaires destinés à des hommes ou des femmes. À ce titre, Georgette Sand regrette que certains services aient été écartés de l’étude, en particulier les salons de coiffure et les pressings.

Le rapport montre que les industriels, les distributeurs et les artisans abusent des stéréotypes de genre pour appliquer des surcoûts tour à tour aux femmes et aux hommes. Pour Georgette Sand, ce n’est pas tout à fait une surprise et c’est encore une bonne raison pour que femmes et hommes soient solidaires face aux manipulations du marketing. Autrement dit, pigeonnes et pigeons, même combat ! Nous sommes toutes et tous à la merci du marketing genré.

Georgette Sand tient à noter que faire face à ces surcoûts sauvages demeure plus lourd pour les femmes, qui sont payées en moyenne 27% de moins que les hommes et qui représentent la part très largement majoritaire du marché des produits d’hygiène et de beauté.

Un rapport, et après ?

Le Gouvernement envisage de saisir le Conseil national de la consommation, qui regroupe représentants des consommateurs, des fabricants, des distributeurs et des artisans, afin d’entamer une concertation dont les conclusions pourraient être rendues en juin 2016. Georgette Sand s’en réjouit et souhaite être associée à cette concertation afin, notamment :

  • d’intégrer la question des salons de coiffure et des pressings à la réflexion (pour que le coût de la coupe soit relatif au temps passé et non au sexe des personnes, et que le coût du nettoyage soit relatif à la matière du vêtement et non au sexe de la personne qui le porte),
  • d’obtenir des distributeurs des rayonnages non genrés pour permettre aux consommatrices et aux consommateurs de comparer les prix.

Cette étude est une 1ère étape dans la mise en place d’une culture de l’évaluation, accessible à tou-te-s les consommateurs-rices dans laquelle sont introduits des critères genrés favorisant l’égalité. D’ici là, Georgette Sand vous offre pour Noël un Guide d’achat rationnel, issu des conclusions de cette première étude, pour vous aider, femmes ou hommes, à ne plus vous laisser pigeonner : ICI.

Contacts presse :

Gaëlle COURAUD : 06 33 54 93 90 – Juliette MELBA : 06 18 65 16 72

Rappel des épisodes précédents :

3 novembre 2014 : Quand le collectif Georgette Sand tacle la taxe rose http://www.georgettesand.org/actualites/collectif-georgette-sand-tacle-taxe-rose-communique-presse/

2 décembre 2014 : Toutes les questions que vous vous posiez sur le marketing genré : http://www.georgettesand.org/actualites/ceux-nont-jamais-entendu-parler-marketing-croient-encore-les-prix-fixes-en-fonction-du-cout-production/

Les Enquêtes sur la taxe rose

MonsieurDrive.com a mené l’enquête pour savoir si être une femme coûte vraiment plus cher ? Oui, avec une note en moyenne plus élevée de 4%. Mais si des disparités existent, elle sont à relativiser. http://www.influencia.net/fr/actualites/tendance,gender-marketing,taxe-rose-existe-t-elle-vraiment,5377.html

L’impossible calcul de la woman tax qui conclut cependant que “Au total, nous avons récolté 5000 prix de parfums et 500 prix de déodorants. Un peu de travail de nettoyage de données, puis calcul du prix au litre de chaque produit : les médianes des prix montraient que les produits pour femme étaient largement plus chers, quel que soient les distributeurs et le pays.” http://jplusplus.github.io/woman-tax/index.html

Market watch : http://www.marketwatch.com/story/5-things-women-pay-more-for-than-men-2014-01-17

L’enquête de “On n’est plus des pigeons” : Taxe rose, les femmes passent à la caisse  http://www.france4.fr/emissions/on-n-est-plus-des-pigeons/enquete/taxe-rose-les-femmes-passent-a-la-caisse_275755

À propos de Georgette Sand :

Le collectif Georgette Sand décrypte l’actualité de l’égalité dans les médias, propose une alternative aux codes de genre et se mobilise pour éduquer les réfractaires. Georgette Sand souhaite encourager la présence et la prise de parole féminines dans les médias et plus généralement sur le devant de la scène. Car faut-il vraiment s’appeler George pour être prise au sérieux ? www.georgettesand.org

Joyeuses fêtes !

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