Sénat : agissons ! Vote en cours sur l’inéligibilité des élus accusés de harcèlement

Paris, lundi 3 octobre 2016.  Le 1er juillet 2016, trois amendements portant sur la non éligibilité des élu·e·s condamné·e·s pour violences, déposés par des député·e·s de différents groupes dans le cadre du projet de loi Égalité et citoyenneté ont été rejetés par l’Assemblée Nationale.

Demain, mardi 4 octobre, des amendements identiques passeront au Sénat. Georgette Sand interpelle les sénatrices et les sénateurs dans une lettre ouverte et invite les citoyennes et les citoyens à faire de même. Maintenant Georgette ne rigole plus.

De Strauss-Kahn à Tron, Baylet, Sapin ou Baupin, ils sont nombreux, nos élus à s’affaler sur leurs sièges à l’assemblée et à se marrer. C’est tellement marrant en effet de passer aux assises pour viol, tout en recevant l’investiture de son parti pour les législatives. C’est hilarant de s’adonner au “libertinage incompris” sans risquer de perdre son siège et son salaire de député. Qu’est qu’on s’esclaffe à mettre la main aux fesses des journalistes, alors qu’on est ministre (et qu’on défend la probité des élus).

C’est donc ça l’exemplarité démocratique française ?

Georgette Sand comme de nombreuses citoyennes et citoyens français·es,  est écœurée par les agissements de ses élus. Alors que la justice peine et traîne à les condamner, leur impunité politique elle, reste inébranlable. Il doit exister une sanction politique associée à la sanction pénale.

Un premier pas a été franchi cette année, lorsque l’Assemblée Nationale puis le Sénat ont voté leur inéligibilité en cas de condamnation pour corruption, dans le cadre du projet de loi Sapin 2.

Les violences physiques, les agressions verbales et sexuelles, le harcèlement constituent des délits au même titre que la corruption ou la fraude fiscale qui doivent rendre obligatoirement inéligibles les élus.

Georgette Sand d’adresse donc aux sénatrice et sénateurs : “Demain en votant pour cet amendement lors du projet de loi citoyenneté et égalité, vous rendriez un peu d’exemplarité à cette démocratie qui nous représente et qui en manque terriblement.”  Voici ici la lettre au Sénat. 

Contacts presse :

Anne Lazar : 06.70.04.94.47  – Gaëlle Couraud : 06.33.54.93.90

À propos de Georgette Sand :

Le collectif Georgette Sand décrypte l’actualité de l’égalité dans les médias, propose une alternative aux codes de genre et se mobilise pour éduquer les réfractaires. Georgette Sand souhaite encourager la présence et la prise de parole féminines dans les médias et plus généralement sur le devant de la scène. Car faut-il vraiment s’appeler George pour être prise au sérieux ? www.georgettesand.org

Rappel des épisodes précédents :

Mai 2016, une nouvelle affaire de harcèlement sexuel en politique éclate. Malgré de nombreux témoignages qui l’accablent, Denis Baupin reste député. George Tron, en attente de procès pour viol, est investi aux législatives par son parti.

Le 1er juillet, marrainé par Caroline Loeb, le collectif Georgette Sand lance le clip “C’est la chatte” pour dénoncer l’impunité des élus en matière de harcèlement sexuel.

Ce jour-là, par une coïncidence au goût amer, les députés rejettent 3 amendements du projet de loi Égalité et citoyenneté visant à instaurer une peine d’inéligibilité obligatoire pour les élus condamnés pour violences physiques ou sexuelles. Georgette Sand rappelle aux élus que les termes “automatique” et “obligatoire” ne sont pas synonymes. Une peine obligatoire n’oblige que le juge à justifier son éventuelle non application. Au contraire de la peine automatique, elle ne présente pas de défaut de constitutionnalité.

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