Pour utiliser les mots justes

Nous avons adoré, le dernier ouvrage de la féministe Florence Montreynaud « le Roi des cons » !

Ce livre nous montre qu’insidieusement les mots nous enferment dans une inégalité. Elle passe en revue de nombreuses expressions du quotidien et nous explique pourquoi celles-ci sont pernicieuses. Les journaux titrent : « Elle s’est fait violer ». C’est une erreur. Si une personne se rend chez le photographe vous dites: « elle s’est fait prendre en photo ». En revanche, lors d’un cliché volé, vous direz : « elle a été prise en photo ». Voilà pourquoi il faut dire « elle a été violée ». Florence aborde de nombreuses sujets comme l’abus sexuel d’un enfant. Là encore c’est faux. On peut abuser du chocolat, c’est un excès, mais il existe une position modérée. En revanche avec un enfant, il n’y a pas de milieu, le terme juste est donc violences sexuelles sur un enfant. Dans le même esprit, elle explicite qu’au lieu de frigide, il serait juste de dire besoin de détente et de confiance ; et pour la fraternité entre femmes et hommes, elle utilise le terme adelphité.

Afin de ne rien oublier, il y a un lexique qui reprend tous les mots et les suggestions de Florence. Sans dévoiler ce livre, voici quelques propositions de l’autrice.

  • Empowerment ⇒ pouvoir d’agir, autonomisation
  • instinct maternel ⇒ relation parent-enfant
  • nom de jeune fille ⇒ nom de naissance
  • tournante ⇒ viols collectifs
  • perdre sa virginité ⇒ gagner en expérience

Florence Montreynaud  (Photo Eric Fougere)

Bref c’est génial et cela nous rappelle l’importance des mots, leurs pouvoir. Florence dit d’ailleurs « Changer le monde prendra un certain temps. Changer de mots, c’est possible tout de suite. ».

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